8 femmes qui ont marqué l’histoire du numérique

Publié le 09 03 2023 | Mis à jour le 14 05 2024

Souvent mésestimées ou oubliées, les femmes sont confrontées aux stéréotypes de genre pour s’imposer dans l’informatique et l’innovation. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la CNIL vous propose de découvrir 8 esprits remarquables qui ont façonné l’histoire du numérique.

Le numérique est omniprésent dans tous les aspects de notre vie. Malgré cela, trop peu de femmes se tournent vers les métiers de ce secteur : seulement 30 % de femmes salariées dans ce domaine contre 46,8 % dans les autres secteurs d’activité (source : SCORAN). La différence est encore plus importante pour les profils les plus techniques. Sous-représentées, les femmes peuvent avoir du mal à se faire une place ou à pouvoir entreprendre dans un milieu très masculin.

Grace Hopper, Hedy Lamarr, Roberta Williams... ces noms ne vous disent rien ? Pourtant, sans elles, pas de Wi-Fi, ni de programme informatique, et certainement pas d’ « homme » sur la Lune. Mais alors, qui sont ces inventrices de talents et comment ont-elles contribué à nos technologies modernes ?

Ada Lovelace (1815 – 1852)

Fille du poète britannique Lord Byron et d'Anabella Milbanke, une férue de mathématiques, Ada Lovelace témoigne, très jeune, de la même passion que sa mère. À 16 ans, elle rencontre Mary Somerville, éminente astronome du XIXe siècle, qui l'encourage et l'aide à progresser en mathématiques. Un an plus tard, Ada Lovelace fait la connaissance du mathématicien Charles Babbage, inventeur de la calculatrice mécanique. Pendant 20 ans, ensemble, ils amélioreront constamment « la machine analytique », l’ancêtre de l’ordinateur moderne, avec 100 ans d’avance.

En 1842, Luigi Menabrea, un mathématicien italien, publie un article en français, intitulé « Notions sur la machine analytique de M. Charles Babbage » qui décrit les aspects théoriques et pratiques de la machine. Ada Lovelace produit une version anglaise du texte et, dans ses notes de traduction, esquisse ce qui permettrait à une machine d’agir seule. Elle décrit l’enchaînement d’instructions qu’il faut donner pour réaliser une suite mathématique. Selon elle, la machine pourrait manipuler des nombres mais aussi des lettres et des symboles, au-delà du calcul numérique. Elle envisage le concept d’une machine universelle programmable, capable d’exécuter une série illimitée de tâches interchangeables. Ses « notes », dont une se présentant comme le premier algorithme de l’histoire de l’informatique à pouvoir être exécuté par une machine, devinrent plus célèbres que l’article de Menabrea.

Il faudra attendre 1930 pour qu’Alan Turing formalise à son tour un calculateur universel manipulant des symboles. Longtemps oubliée, Ada Lovelace n’a que progressivement été reconnue par l’Histoire. En 1979, le département de la Défense américain appelle de son nom un langage de programmation « Ada », de même, le CNRS nomme en son hommage un de ses supercalculateurs.

race Hopper (1906 – 1992)

Grace Hopper, de son nom de jeune fille Grace Brewster Murray, fréquente l'Université Yale, où elle décroche sa maîtrise (1930), puis son doctorat (1934), avant d’enseigner les mathématiques au Vassar College (New-York).

En 1943, elle s’engage dans la US Navy (marine américaine) en tant que réserviste. Elle devient rapidement lieutenant dans une unité 100 % féminine des WAVES de l’armée américaine dont la mission principale est d’étudier les trajectoires balistiques. Affectée à Harvard pour programmer l’ordinateur Mark 1, le premier calculateur automatique grande échelle, elle y poursuivra ses recherches pour l'industrie civile, tout en conservant son statut de réserviste. En 1949, Grace Hopper rejoint l’entreprise Eckert-Mauchly Computer Corporation et l’équipe travaillant sur l'Univac (Universal Automatic Computer), un ordinateur commercialisé en 1951.

Parmi les nombreux apports de Grace Hopper à l’informatique, on peut citer l’invention du langage Cobol (common business-oriented language) en 1959, le concept de réutilisation, la notion de subroutines et de bug ou encore l’utilisation du terme « codage » pour nommer le processus d’écriture des instructions.

La mathématicienne prend sa retraite militaire en 1966 mais elle est rappelée l'année suivante pour participer à la normalisation des langages informatiques de la US Navy. À 79 ans, elle est ainsi l'officier de la marine étatsunienne en activité la plus âgée lorsqu'elle se retire à nouveau dans la vie civile en 1986. Elle recevra la médaille nationale de la technologie en 1991, peu de temps avant sa mort.

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