Identité numérique : un chantier aux visages multiples

Elle est censée, à partir de 2022, enfin rehausser le niveau de protection de nos interactions en ligne. Mais le succès auprès des citoyens de l’identité numérique – que l’État a tenté plusieurs fois ces dernières décennies de mettre sur les rails – dépendra du bon dosage entre sa simplicité, son utilité et son niveau de sécurité. 

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Le chantier de l’identité numérique a connu de nombreux aléas depuis la naissance de l’informatique. C’est d’ailleurs un projet – avorté – d’identification informatique des Français à travers un numéro unique, le projet Safari, qui a donné naissance à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) en 1978, avec un héritage durable : pas d’identifiant ni de registre unique des Français. Le projet Ines de carte nationale d’identité électronique sur laquelle se serait adossée une identité numérique sécurisée, lancé en 2003, tout comme celui porté par le groupement public-privé IdéNum à partir de 2010, ont tous deux échoué. 

À tel point que le gouvernement Ayrault amorce, en 2013, un virage à 180 degrés. Il n’est plus question de mettre au point une carte d’identité électronique, mais de s’appuyer, dans l’esprit naissant de l’État plate-forme, sur une diversité d’identités numériques dont l’utilisation doit être facilitée via une même plate-forme. Ce sont les fondations de FranceConnect, tiers de confiance entre, d’une part, les fournisseurs d’identités et, d’autre part, les fournisseurs de services en ligne qui ont besoin d’authentifier leurs utilisateurs. Le « fédérateur » d’identités numériques publiques et privées est développé en quelques mois, puis lancé officiellement en 2016 par la direction interministérielle du numérique (Dinum), et non par le ministère de l’Intérieur. Et c’est bien dans le cadre de FranceConnect que sera déployée la future identité numérique sécurisée.

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