Télétravail : « Demain, le bureau aura davantage une fonction de prestige »

Depuis plus d'un an, la France est soumise au télétravail, recommandé ou obligé, à temps plein ou partiel. Majoritairement bien acceptée, la pratique peut-elle devenir pérenne et si oui, quelles en seront les conséquences ? Bruno Marzloff, sociologue, fondateur du cabinet Chronos et président de la Fabrique des mobilités, nous apporte quelques réponses.

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En 2013, vous avez publié un livre intitulé les « Sans bureau fixe ». Avec la crise, les notions de télétravail, de flexibilité-bureau et de nomadisme sont réapparues. Est-ce simplement un phénomène cyclique ? 

Ma perspective de recherche, dans cet ouvrage, était la croissance inflationniste des déplacements motorisés due à une extension géographique. Cela m’a naturellement amené à réfléchir à la question du travail nomade qui est une manière d’y répondre. Dans le même temps apparaissait dans le paysage les premiers tiers lieux. À l’époque, les « sans bureaux fixes » qui pratiquaient le travail à distance étaient moins motivés par des raisons économiques ou de gain de temps que par l’émulation des “communautés” animant ces lieux. Les premiers établissements publics numériques – EPN, apparus en 1998 sous l’impulsion de la DATAR- censés offrir un relais aux migrants du rural, se sont avérés une fausse bonne idée, le monde de l’entreprise et la maturité du numérique n’étaient pas au diapason. Aujourd’hui, nous sommes bien loin de ce schéma.

Le 15 mars 2020, le télétravail est arrivé brutalement dans la vie des Français. Et on s’est rendu compte que ce système a plutôt bien fonctionné avec une satisfaction des travailleurs dans quelques 85% des cas.

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