Recherche en cybersécurité et souveraineté numérique française

Publié le 26 09 2022 | Mis à jour le 18 01 2023

Les cyberattaques sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus inquiétantes et touchent tant les entreprises, les états que les individus (1). Malgré ce constat, la cybersécurité est-elle suffisamment prise au sérieux par tous les acteurs ? Et dans ce domaine comme dans d‘autres, ne dépendons-nous pas trop de technologies venues d’ailleurs ouvrant ainsi la voie à des vulnérabilités supplémentaires ? Nous avons demandé à deux collègues, Hubert Duault et Ludovic Mé, spécialistes de cybersécurité de nous éclairer. Il semble que la France, qui avait déjà des atouts dans ce domaine, ait choisi de forcer l’allure. Cocorico ! Serge Abiteboul et Pascal Guitton.

 

Publié le 23 septembre 2022 par binaire

Recherche en cybersécurité et souveraineté numérique française

Les cyberattaques sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus inquiétantes et touchent tant les entreprises, les états que les individus (1). Malgré ce constat, la cybersécurité est-elle suffisamment prise au sérieux par tous les acteurs ? Et dans ce domaine comme dans d‘autres, ne dépendons-nous pas trop de technologies venues d’ailleurs ouvrant ainsi la voie à des vulnérabilités supplémentaires ? Nous avons demandé à deux collègues, Hubert Duault et Ludovic Mé, spécialistes de cybersécurité de nous éclairer. Il semble que la France, qui avait déjà des atouts dans ce domaine, ait choisi de forcer l’allure. Cocorico !  Serge Abiteboul et Pascal Guitton.

L’actualité nous rappelle quasi-quotidiennement combien la transformation numérique des entreprises, des administrations et de l’ensemble de la société a fait de la cyber sécurité un enjeu majeur. Il est même parfois souhaitable de choisir des fournisseurs de produits ou de services de sécurité en fonction du contexte géopolitique. La guerre en Ukraine a ainsi conduit récemment nombre d’acteurs à un changement de solution antivirale. La maîtrise d’une offre nationale et européenne de technologies et services de cyber sécurité apparait donc indispensable à l’exercice de notre souveraineté numérique.

Dans ce contexte, le constat dressé en 2015 dans le cadre du plan cyber sécurité pour la nouvelle France industrielle[1] reste d’actualité : la filière industrielle française en cyber sécurité se caractérise par l’existence de quelques grands groupes, très orientés vers le marché de la défense, et de nombreuses petites ou très petites entreprises, à l’expertise parfois très grande, mais qui ne peuvent pas viser un marché très large. On peut ajouter que les solutions nationales peuvent en outre, même sur leur marché local, être ignorées au profit de celles de grands acteurs internationaux. Face à ce constat, la revue préconise en particulier d’inciter les grands industriels à davantage investir les marchés civils, de favoriser la création d’ETI à partir des PME les plus prometteuses, de multiplier le nombre de startup innovantes. Cette dernière préconisation s’appuie bien entendu sur la stimulation de l’innovation publique et privée.

Si recherche et innovation technologique sont des concepts distincts, ils sont évidemment très liés. La recherche consiste à produire des connaissances nouvelles ; le transfert de ces connaissances vers le monde économique participe à l’innovation. Dans certains domaines, les connaissances produites sont plus directement exploitables. C’est le cas de la cyber sécurité, domaine pour lequel la composante technologique est essentielle puisqu’il faut tenir compte pour la sécuriser efficacement de la réalité des machines existantes : leurs bases matérielles (hardware), leurs systèmes d’exploitation, leurs logiciels, les technologies réseau qui permettent de les faire communiquer.

On sait cependant que le transfert technologique, qui implique de passer d’un prototype de recherche prouvant la validité d’un concept à un produit minimal, demande un travail important. Pour soutenir ce transfert, les interactions entre les entreprises et les équipes de recherche doivent être facilitées et renforcées, afin de rendre plus aisée l’identification de problèmes industriels intéressant les chercheurs, dont les travaux seront alors susceptibles d’apporter des réponses à des besoins concrets dans le cadre de cas d’usage réels.

Lire la suite (Le Monde)