La DGDDI nous présente son projet de contrôle physique des conteneurs à l’aide d’un drone

28 novembre 2018

La DGDDI est venue présenter plusieurs innovations lors de la dernière édition de BercyInnov. A cette occasion, l'équipe de Bercy numérique a interviewé Anne-Elisabeth GOUESSE, Cheffe de la cellule de ciblage des conteneurs à la direction régionale des douanes au Havre

Bercy numérique (BN) : vous avez présenté votre innovation « Quand les drones « inspectent » les conteneurs du Port du Havre » lors de l’événement Bercy innov. Pouvez-vous expliquer comment est né ce projet et en quoi il consiste ?

Anne-Elisabeth GOUESSE (Cheffe de la cellule de ciblage des conteneurs, direction régionale des douanes au Havre) : le contrôle physique des conteneurs à l’aide d’un drone n’est encore qu’au stade de l’expérimentation. Ce projet est né fin 2017, il devrait permettre aux agents des douanes chargés d’effectuer leurs contrôles de travailler plus en sécurité et plus rapidement. 

BN : comment votre Service a-t-il travaillé pour le concevoir ? La DGDDI a t-elle travaillé seule ou en partenariat ?

Anne-Elisabeth GOUESSE : ce sont les élèves ingénieurs de l’Institut supérieur d’études logistiques (ISEL) de l’Université du Havre qui, dans le cadre de leur dernière année d’études, ont proposé aux services de la direction régionale des douanes de travailler sur ce sujet.

La DGDDI a donc travaillé en partenariat avec eux.

Dans un premier temps, les étudiants ont rencontré les agents des douanes du pôle d’orientation des contrôles pour déterminer et clarifier leurs besoins éventuels.

A partir de ces discussions, ils ont établi un cahier des charges et conçu « une valise » reprenant tous les accessoires utiles aux contrôles.

Cette année, l’expérimentation sera menée avec les collègues qui effectuent les contrôles physiques des conteneurs, en présence de l’assistant de prévention la direction régionale.

BN : quels impacts l’utilisation de ces drones ont-ils eu sur le travail des agents au quotidien ?

Anne-Elisabeth GOUESSE : comme je vous l’ai dit, nous sommes encore en cours d’expérimentation.

A terme, l’utilisation de drones devrait permettre à la fois d’assurer la sécurité des agents et d’accélérer la réalisation des vérifications de marchandises : par exemple, en survolant le conteneur pour vérifier ses structures ou, en entrant à l’intérieur, vérifier que la marchandise est homogène. L’agent pourra dans ce cas, réaliser son contrôle sans attendre les 30 minutes nécessaires à l’aération des marchandises et, peut être, éviter un dépotage.

BN : pouvez-vous nous indiquer comment cette innovation a été perçue par les agents de la DGDDI ?

Anne-Elisabeth GOUESSE : pour l’instant, les agents qui participent à l’expérimentation sont très impliqués, car ils en sont les acteurs principaux.

BN : y a-t-il eu également un impact en termes de compétitivité ?

Anne-Elisabeth GOUESSE : en réduisant le temps du dédouanement consacré au contrôle physique, cette innovation participera à l’attractivité du port du Havre et plus largement du territoire douanier national. 

BN : est-il prévu d’envisager l’utilisation de ces drones à une plus grande échelle ?

Anne-Elisabeth GOUESSE : si l’utilisation des drones lors des contrôles douaniers se révèle réalisable techniquement, économiquement et juridiquement, on pourrait imaginer en doter les services douaniers chargés des contrôles sur les plates-formes portuaires.

BN : un mot de conclusion pour finir ?

Anne-Elisabeth GOUESSE : on peut parler de co-construction pour ce projet, car les agents de terrain sont en grande partie prescripteurs et leur travail avec les étudiants permet une ouverture sur de nouvelles pratiques.

L'équipe de Bercy numérique vous remercie.