Comment l’État cultive ses talents féminins du numérique

Publié le 19 09 2022 | Mis à jour le 29 09 2022

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La Direction interministérielle du numérique conduit depuis 2019 un programme de coaching personnalisé pour aider les femmes, quels que soient leur métier et leur catégorie, à monter en grade ou simplement à trouver leur place dans un secteur largement dominé par les hommes. Retour, avec celles qui ont pu y participer, sur un dispositif atypique au sein de l’État.

“Une expérience à faire” pour les unes. “Un programme disruptif”, “iconoclaste”, “rafraîchissant”, et même “déroutant” voire “déstabilisant” pour les autres. Le dispositif “Talents féminins du numérique” continue discrètement sa montée en puissance. Depuis la première promotion expérimentale conduite en 2019 avec six femmes, une cinquantaine de femmes vont bénéficier en 2022 de cette session de coaching sans pareil au sein de l’État pour les aider à gagner en confiance, à mieux se connaître et à s’épauler les unes les autres. Sa réputation s’est construite au fil des promotions, sans communication publique, grâce au bouche à oreille. Signe qu’il est enfin rôdé, le dispositif est désormais largement public.

La Dinum a lancé pour la première fois en juin dernier un appel à volontaires sur son site, donné de premiers chiffres – 71 femmes ont déjà bénéficié de ce coaching personnalisé – et publié une fiche de candidature. “Soyez actrice de votre évolution de carrière”, précise le sous-titre du formulaire d’inscription diffusé pour dépasser le périmètre habituel des administrations centrales et toucher, aussi, les services déconcentrés.

Le programme, nous dit toujours la fiche d’inscription, est conçu pour accompagner “les agentes évoluant dans le domaine du numérique public, dans la prise de conscience de leurs ressources, de leurs potentiels et l’atteinte de leurs objectifs professionnels”. Une définition volontairement vague pour ne pas gâcher l’effet de surprise, dont le dispositif tire toute sa force. “On nous a demandé de ne pas trop parler du contenu car cela peut être décoiffant, et même parfois déconcertant en fonction des exercices”, explique Carole Maudet, qui a suivi une session en 2020 juste avant une prise de poste de sous-directrice à Bercy, sur les conseils d’une collègue ayant participé à la promotion expérimentale en 2019. “La surprise est partie intégrante du dispositif, car il faut avoir une certaine ouverture d’esprit pour y adhérer, et accepter de se remettre en question”, abonde Valérie Martinez, chargée d’applications numériques culturelles au ministère de la Culture.

Jeux de rôles et introspection

Car il n’est pas question d’une simple formation professionnelle, mais d’une session de coaching de 2 jours et demi à la frontière du développement personnel. “On ne communique pas sur le contenu du coaching pour ne pas tout révéler, mais l’objectif est de les pousser à dépasser leur propre plafond de verre et leurs pensées limitantes, et avant toute chose à les identifier”, explique Soraya Saa, cheffe de la mission Talents à la Dinum. Toutes ne vont donc pas répondre de la même manière aux exercices. Tout dépend de leur parcours, de leur vécu, de leur personnalité et de l’engagement qu’elles voudront bien y mettre.

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