Le management hybride, une posture managériale ou un cadre institutionnel ?

Publié le 19 09 2022 | Mis à jour le 20 07 2024

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Le télétravail instauré dans l’urgence en 2020, et partiellement pérennisé par certaines entreprises en 2021, doit maintenant être organisé. Bien que les outils soutenant cette évolution managériale soient issus des domaines de l’informatique et de la logistique, ce sera essentiellement aux managers, accompagnés de psychologues du travail et d’ergonomes, de structurer ce nouveau modèle de travail.

Avant la crise sanitaire, la majorité des entreprises ne proposaient à leurs employés qu’une forme très limitée de télétravail. Il y a vingt ans, seuls quelques 7% des salariés suisses, par exemple, travaillaient de manière occasionnelle à l’extérieur de leur bureau habituel au moins une fois par mois. Compte tenu de cette faible proportion de télétravailleurs occasionnels, et de leur présence néanmoins régulière au bureau, les entreprises ne se préoccupaient pas outre-mesure d’organiser ce travail à distance. Les chiffres sont restés dans cette même proportion au niveau européen jusqu’à la crise sanitaire. En juin 2020 est apparue une première forme de télétravail réactive, en « mode béquille », imposée dans l’urgence et non pensée sur un temps long, qui avait tendance à engendrer une forte dilution du cadre organisationnel, une altération de la communication et une redistribution temporaire des dynamiques de groupe.

Un an plus tard, en juin 2021, bon nombre d’entreprises songeaient à pérenniser ce format organisationnel avec, pour constat, l’émergence d’une évolution majeure dans les façons de travailler avec la possibilité de travailler tant à distance qu’au bureau, à l’aide d’outils informatiques devenus parfaitement fonctionnels. Le manager se voyait alors engagé dans une nouvelle forme de management dite hybride, devant planifier, coordonner et contrôler le travail de ses collègues se trouvant pour certains au bureau, pour d’autres à l’extérieur… L’essentiel des entreprises ont laissé leurs cadres s’auto-organiser dans leur gestion quotidienne, si bien que la majorité d’entre eux ont rapidement vu leur charge cognitive sensiblement augmenter, notamment par la masse du flux informationnel et la cumulation des différents canaux de communication. Les entreprises prennent aujourd’hui conscience qu’une nouvelle forme de management émerge et qu’elles doivent encadrer l’utilisation des moyens, pour limiter l’hyperconnexion et l’épuisement cognitif, mais également pour soutenir la performance collective sur le long terme.

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