LinkedIn a réalisé des expérimentations sur 20 millions d’utilisateurs en cachette

Publié le 30 09 2022 | Mis à jour le 28 11 2022

20 millions de personnes ont servies de cobaye sans le savoir. Photographie : Greg Bulla / Unsplash.

Certains utilisateurs du réseau social pouvaient être freinés dans leur recherche d’emplois à la suite de ces tests.

LinkedIn a conduit, entre 2015 et 2019, des essais, sans avertir ses utilisateurs, sur son algorithme « Personnes que vous pourriez connaître ». C’est ce que démontrent des chercheurs du réseau social, de l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), et de l’école de commerce de Stanford et Harvard dans une étude publiée le 15 septembre. D’après eux, les expérimentations de LinkedIn ont permis à certaines personnes de trouver un emploi plus facilement que d’autres.

La force des liens faibles

L’algorithme « Personnes que vous pourriez connaître » propose aux usagers de la plateforme de nouvelles connexions, c’est-à-dire d’autres utilisateurs avec lesquels ils sont susceptibles d’avoir des points en commun. Entre 2014 et 2015, LinkedIn s’est essayé à plusieurs versions de son algorithme auprès de 20 millions de personnes inscrites sur sa plateforme. De manière aléatoire, ce dernier mettait en avant des profils aux liens faibles, avec moins de 10 contacts mutuels, ou des profils aux liens forts, avec plus de 20 contacts mutuels.

Dès lors, l’étude menée par le groupe de chercheurs a démontré que les personnes dont la majorité des recommandations LinkedIn étaient des liens faibles avaient plus de chances de trouver du travail que les autres. Karthik Rajkumar, un chercheur en recherche appliquée chez LinkedIn et co-auteur de l’enquête, a indiqué au New York Times que « ces liens modérément faibles sont la meilleure option pour aider les gens à trouver un nouvel emploi, bien plus que les liens plus forts ».

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