Gilles Dowek : pour un enseignement universel du numérique

Gilles Dowek, chercheur Inria, vient de rejoindre la nouvelle composition du Conseil National du Numérique. L’occasion de faire le point avec lui sur la relation qui unit aujourd’hui sciences du numérique et citoyens.

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Quel est le constat aujourd’hui sur la relation qui unit les sciences du numérique et les citoyens ?

Pour pouvoir analyser dans sa globalité le rapport actuel entre sciences du numérique et citoyens, il faut observer deux phénomènes : la place que prend le numérique dans le quotidien de chacun, et, en parallèle, les perceptions et les représentations que les citoyens ont des objets numériques.

Sur le premier point, la question est relativement récente pour nous car c’est seulement depuis que le web existe que l’informatique est vraiment très présente dans notre vie quotidienne. Des années 1940 aux années 1980, les ordinateurs avaient des tâches très spécifiques, comme par exemple prévoir le temps qu’il fera demain, ou calculer des ponts. Mais c’est seulement à partir du moment où le web s’est vraiment diffusé, dans les années 1990, que le lien entre informatique et société a commencé à se tisser. Et c’est quelque chose qu’on est encore en train d’essayer de comprendre.

Si on regarde les différentes activités qui ont été impactées par le numérique, on remarque que peu ont échappé à cette révolution. Aujourd’hui, on peut travailler, apprendre, se soigner, faire ses courses, regarder un spectacle, ou échanger avec ses proches grâce au numérique, qui est omniprésent dans chacune de nos activités, qu’elles soient professionnelles ou personnelles. Et ce rapport a été exacerbé avec la pandémie de COVID-19 !

Sur le second point, je suis toujours surpris de la perception négative d’une partie du grand public et d’une partie des personnes qui essaient de penser ces questions, avec des discours très critiques sur les écrans, les GAFA, les Fake News... Bien évidemment, il est important de penser ces questions, mais il est également nécessaire de voir qu’à côté, de grandes avancées se font. Si on reprend l’exemple des Fake News, on ne peut pas en discuter sans voir à côté que les mêmes techniques permettent de partager de manière absolument inédite des connaissances, c’est une vraie révolution.

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