Green IT : quel est le vrai impact du numérique sur l’environnement ?

« N’imprimez ce mail que si nécessaire ». Pendant longtemps, le numérique est apparu comme une alternative propre à ses équivalents physiques. Aujourd’hui, le vent a tourné, lui renvoyant son bilan carbone à la moindre occasion. Mais le numérique consomme-t-il vraiment plus d’énergie qu’il n’en fait économiser ? Sur quels axes d’amélioration les professionnels du Green IT travaillent-ils ?

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Numérique versus physique : un difficile calcul

Un appareil consomme-t-il davantage en restant en veille ou en s’éteignant puis redémarrant ? Un jeu vidéo chargé depuis le cloud est-il plus énergivore que le même jeu commercialisé sous forme de CD ? Un mail imprimé consomme-t-il vraiment plus d’énergie qu’un mail lu et stocké dans un terminal ? Sur ces questions, chacun se fie à son instinct, laissant de nombreuses légendes urbaines circuler sur le sujet. 

Dans le public virtuel de la table ronde, les questions fusent : « Pouvez-vous donner les sources permettant de trouver des chiffres sur l’impact du numérique ? », « Y a-t-il des sites de référence pour connaître le bilan carbone de nos usages en ligne ?  »…  De nombreuses sources d’information existent, assure Véronique Torner, administratrice de Syntec Numérique, présidente du programme Numérique Responsable, en charge de l’initiative Planet Tech’Care. « L’Ademe publie notamment beaucoup d’informations chiffrées, tout comme l’Institut Numérique Responsable, le Shift Project, l’Alliance Green IT (AGIT) ou encore la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING)  ». 

Sur le seul sujet des emails versus papier, un coup d’œil aux études réalisées par l’Ademe clôt d’emblée le débat sur la question : il faut ainsi dépasser 12 minutes de lecture par page pour que l’impression classique (recto, couleur, une page par feuille) soit préférable à la lecture sur écran. Quant à l’impression économique (recto/verso, noir & blanc, deux pages par feuille), elle ne devient intéressante que si le lecteur passe plus de 3 à 4 minutes de lecture par page. En bref : tout dépend des usages, bien sûr. « Mesurer l’empreinte carbone du numérique est complexe, confirme Véronique Torner. On sait quantifier celle des infrastructures, mais assez mal les usages car il y a des trous dans la raquette  ». Et de préciser immédiatement : « Cela ne signifie pas pour autant qu’on ne peut pas agir !  ».

Lire la suite (Usbek et Rica)