« Il faut mettre en oeuvre la frugalité by design »

Le numérique serait à l’origine de 3,7 % des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde, selon un récent rapport du Sénat, qui s’inquiète de la croissance de l’empreinte écologique du numérique. Si de nombreuses voix s’élèvent en faveur de l’émergence d’une société low tech basée sur le principe de la « sobriété numérique », quel regard portent les chercheurs sur un tel défi ?

©Pixabay

Comment la science peut-elle réconcilier technologie et écologie ? Discussion avec François Cuny, directeur général délégué à l’innovation de l’Inria, qui se penche notamment ici sur le rôle que peut jouer la deeptech, à savoir les technologies créées sur la base d’innovations de rupture issues directement de laboratoires de recherche.

Usbek&Rica :

Le débat actuel sur la 5G oppose, parfois de manière caricaturale, partisans de la sobriété numérique et promoteurs du progrès technologique. Quel regard portez-vous sur ce débat ?

François Cuny :

Au sein de l’Inria, nous sommes extrêmement impliqués dans la réflexion sur les technologies qui ont amené à la 5G et sur celles qui la suivront, mais ça ne nous engage en rien dans le fait d’être favorables ou non à la 5G en tant que telle. Plusieurs éléments scientifiques viennent alimenter ce débat politique et ces éléments sont compliqués. La difficulté est de savoir si le choix de société doit s’appuyer sur ces éléments scientifiques et technologiques complexes. Ce que peuvent faire les chercheurs, c’est contribuer à dire : s’il y a un réseau 5G, comment peut-on l’optimiser ? Qu’est-ce qui peut faire qu’il consomme moins ? Comment peut-on accompagner les usages pour qu’ils n’explosent pas ? Pour ça, il y a des techniques, des technologies, de la science et de la deeptech qui interviennent. Mais savoir si la 5G est contradictoire avec une gestion frugale du numérique et de son impact, ce n’est pas dans le cadre de nos réflexions.

Lire la suite (Usbek et Rica)