La sobriété numérique est-elle possible ?

Les dégâts irréversibles causés par l’incendie, début mars 2021, du data center SGB2 d’OVH, le numéro 1 français du cloud computing, n’en finissent pas de provoquer des remous. Le terme de « cataclysme » a même souvent été employé pour qualifier cet accident touchant un secteur d’activité en forte croissance et dont les conséquences sont toujours sensibles. Quels enseignements pouvons-nous en tirer aujourd’hui ?

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Premier enseignement : le nuage n’existe pas

Le vocabulaire fantasmé et infantilisant du cloud computing – « l’informatique en nuage » en français – est durablement mis à mal par cet incendie ayant frappé OVH. Car il n’existe en fait pas plus de nuage que de dématérialisation des données.

Il faudrait plutôt parler ici d’un déplacement physique de l’hypermatérialité des infrastructures qui supportent le réseau Internet d’un point A – le téléphone portable, l’ordinateur sur la table du bureau, le serveur dans l’armoire au bout du couloir, etc. – vers un point B, où elles sont rassemblées et agrégées, à savoir, le datacenter avec ses salles, ses serveurs et ses baies de stockages.

Globalement, il est faux, voire mensonger, de parler de dématérialisation quand il faudrait plus simplement parler d’une « autre matérialisation » ; celle-ci mobilise toujours du ciment, du béton, du verre, des ventilateurs, des câbles, du cuivre, de l’eau, du bitume, etc. !

Le cloud computing n’est qu’une externalisation des données, des applications et des systèmes des terminaux domestiques et/ou professionnels vers des opérateurs distants, dont c’est devenu le métier de stocker, sécuriser, traiter et diffuser les informations confiées par leurs clients.

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