Le plan “cyber” pour la France : un nouvel élan, sur une route encore inachevée

Le gouvernement français a publié fin février un plan constituant la « stratégie » pour contrer la menace cyber. Le moment ne pouvait mieux être choisi, alors que la France, comme le reste du monde occidental, combat une vaste campagne de rançongiciel, exploitant en partie la crise Covid-19. Alors, que penser du plan ?

©Sapsiwai / Stock.Adobe.com

Par Guy-Philippe Goldstein

Chercheur et consultant sur les questions de cyber-sécurité et cyber-défense

Allons directement à la conclusion : c’est un signal important, qu’il faut saluer. Il couvre un large spectre de mesures pertinentes. Cependant, il devra absolument être complété par un volet industriel s’il veut atteindre ses vrais objectifs – qui ne se limitent pas à la stricte cyberprotection de la nation.

Le signal est important. Le dossier de presse est introduit par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avant même Cédric O, le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique. Mais c’est surtout le fait que l’annonce a été portée par le Président lui-même qui compte. C’est important dans un pays aussi « vertical » que la France. Quelques soient les traditions étatistes, avoir le soutien du chef de l’État représente évidemment un apport significatif pour tout domaine émergent.

De très nombreuses raisons expliquent l’avance considérable sur ce sujet pris par l’écosystème israélien. Mais l'une d'elles, qui a été souvent rapportée à l’auteur de ces lignes, c’est l’implication directe du Premier ministre sur le sujet dans le courant de la décennie écoulée. Cette implication était visible dès juin 2011, quand le Premier ministre, informé d’un plan qu’il venait d’approuver et peut-être aussi un peu inspiré d’autres lectures plus romancées, était venu lui-même parler de l’ambition d’Israël dans la cybersécurité. Il s’agissait alors de la « première conférence sur la cyberguerre » : une matinée dans l’auditorium principal de l'université de Tel Aviv, ponctuée de quelques keynotes de chercheurs et auteurs étrangers. Depuis, la « CyberWeek » s’étale sur une semaine, se déroule sur tout le campus, accueille de multiples délégations étrangères, et le Premier ministre continue à venir chaque année pour parler de l’état de la cybersécurité du pays.

Lire la suite (L'Usine nouvelle)