Les frontières de l’Europe modifiées par la technologie

Pour concilier fluidité des mouvements des voyageurs et sécurité face au risque terroriste, l’Union européenne multiplie les bases de données. Elle souhaite les rendre interopérables et teste des systèmes automatisés afin d’accélérer les contrôles.

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Qui sait qu’une intelligence artificielle travaille aux frontières de l’Europe ? Un détecteur de mensonges portable, conçu avec cette technologie, est apparu en octobre 2018 sur le site Internet de la Commission européenne. En toute discrétion, IborderCtrl est testé en Hongrie, en Grèce et en Lettonie, où il scrute les micro-expressions faciales pour tenter de détecter les éventuels mensonges des voyageurs. Si le résultat du test est négatif, ils doivent s’entretenir avec un policier avant de pouvoir continuer leur route. Les essais du projet, qui bénéficie de 4,5 millions d’euros de financement dans le cadre du programme de recherches Horizon 2020, sont prévus jusqu’à l’été 2019. Aucun résultat partiel n’a été divulgué.

L’emploi de ce type de système reposant sur la reconnaissance émotionnelle soulève bien des questions. Nous n’avons aucune preuve de la pertinence des technologies utilisées dans ce « détecteur de mensonges », indique Evelien Brouwer, chargée de recherches au Centre d’Amsterdam pour le droit relatif aux réfugiés et aux migrations. Nous ne savons pas si sa pertinence dépend de la race ou l’ethnie, l’âge ou le sexe de la personne interrogée. Plus important, le risque de voir des décisions être prises uniquement sur la base d’avis générés par l’intelligence artificielle et suivre les personnes pendant longtemps me semble trop élevé.”

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